{"id":32963,"date":"2023-02-27T12:20:09","date_gmt":"2023-02-27T11:20:09","guid":{"rendered":"https:\/\/be.ambagn.staging.e-kaidi.net\/?p=32963"},"modified":"2023-02-27T12:20:09","modified_gmt":"2023-02-27T11:20:09","slug":"quel-regime-pour-la-guinee-pr-alpha-amadou-bano-barry","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/be.ambagn.staging.e-kaidi.net\/?p=32963","title":{"rendered":"Quel r\u00e9gime pour la Guin\u00e9e ? [Pr. Alpha Amadou Bano Barry]"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><strong>R\u00c9SUM\u00c9 :<\/strong><br \/>Au regard de l\u2019histoire politique guin\u00e9enne marqu\u00e9e par le m\u00eame type de r\u00e9gime politique et trois transitions, cet essai se propose de d\u00e9voiler les constantes du syst\u00e8me politique qui sont au nombre de deux : la primaut\u00e9 du pr\u00e9sident sur toutes les institutions et celle des partis politiques sur le jeu politique avec le monopole de la candidature aux \u00e9lections nationales et un syst\u00e8me \u00e9lectoral dont les deux tiers des d\u00e9put\u00e9s sont \u00e9lus au travers d\u2019une liste nationale.<br \/>Ce texte a cherch\u00e9 aussi \u00e0 d\u00e9construire le fondement de la question ethnique en Guin\u00e9e, sujet r\u00e9current dans les \u00e9changes des salons et des bureaux, mais rarement en public. La question ethnique en Guin\u00e9e est essentiellement politique et sert aux \u00e9lites \u00e0 assurer le contr\u00f4le de l\u2019\u00c9tat et de ses ressources. Un pr\u00e9sident fort est le point central du dispositif du contr\u00f4le ethnique.<br \/>Au regard de cette r\u00e9alit\u00e9, la Guin\u00e9e gagnerait \u00e0 exp\u00e9rimenter un autre syst\u00e8me, celui du ticket aux \u00e9lections pr\u00e9sidentielles et d\u2019un syst\u00e8me \u00e9lectoral majoritaire \u00e0 un tour et une forte d\u00e9centralisation pour rendre le peuple plus responsable de son destin.<\/p>\n<p><strong>INTRODUCTION<\/strong><br \/>Cet essai est mon second sur la question du r\u00e9gime politique en Guin\u00e9e. Le premier a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 apr\u00e8s 2010 et n\u2019a servi, ni \u00e0 doter le pays d\u2019une constitution adapt\u00e9e aux r\u00e9alit\u00e9s sociologiques de Guin\u00e9e, ni \u00e0 \u00e9viter une troisi\u00e8me prise du pouvoir par les armes.<br \/>En 2023, je refais le m\u00eame exercice tout en \u00e9tant conscient que les int\u00e9r\u00eats sont si antagoniques dans ce pays qu\u2019il est difficile d\u2019arriver \u00e0 soutenir ce qui ne favorise pas certains groupes. D\u2019autres aussi n\u2019aimeront tout simplement pas cette r\u00e9flexion qui vient d\u2019un ancien ministre du r\u00e9gime pr\u00e9c\u00e9dent, car il a toujours \u00e9t\u00e9 un crime de servir son pays en Guin\u00e9e. Enfin, je sais aussi que les leaders politiques les plus repr\u00e9sentatifs dans le paysage politique guin\u00e9en ne vont pas aimer. Car tous veulent un r\u00e9gime pr\u00e9sidentialiste comme celui en vigueur depuis 1958 dans l\u2019espoir qu\u2019ils en seront les b\u00e9n\u00e9ficiaires.<br \/>N\u2019\u00e9tant pas constitutionnaliste ni juriste, mon regard ne porte pas sur les r\u00e8gles du droit, mais sur leurs effets attendus ou impr\u00e9vus sur le syst\u00e8me politique et sur la soci\u00e9t\u00e9. Le regard du sociologue glisse en quelque sorte sur le droit, pour \u00ab obliquer\u00bb vers les contextes sociaux, \u00e9conomiques, politiques, culturels dans lesquels il prend naissance.<br \/>Au centre de la pr\u00e9occupation du sociologue, c\u2019est \u00ab l\u2019esprit de la loi \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire ce qui serait le mieux en fonction des r\u00e9alit\u00e9s sociologiques des populations et de ses \u00e9lites \u00e0 un moment donn\u00e9 de son histoire, la prise en compte de la r\u00e9action du milieu \u00e0 la r\u00e8gle du droit avec un focus sur les acteurs et le processus de r\u00e9daction et d\u2019adoption d\u2019une constitution.<br \/>Durant le symposium organis\u00e9 par le Conseil National de la Transition (CNT), j\u2019ai eu le privil\u00e8ge d\u2019\u00e9couter des sommit\u00e9s sur l\u2019ensemble des composantes du syst\u00e8me politique, de l\u2019administration et de l\u2019\u00c9tat. Il m\u2019a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 d\u2019entendre par certains que la constitution des USA est la plus stable, car elle est dans les principes, la philosophie et laisse \u00e0 la cour supr\u00eame le soin de trancher sur chaque cas qui pose un probl\u00e8me d\u2019interpr\u00e9tation. Mais il est certain que le second amendement de la constitution am\u00e9ricaine n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 si ce pays n\u2019a pas utilis\u00e9 les armes pour conqu\u00e9rir son territoire, ni avoir des esclaves qu\u2019il fallait dominer ni une guerre civile. Dans chaque constitution, l\u2019histoire politique et les r\u00e9alit\u00e9s sociologiques s\u2019incrustent.<br \/>D\u2019autres ont insist\u00e9 pour faire valoir que le meilleur texte constitutionnel ne r\u00e9soudra pas les probl\u00e8mes d\u2019\u00e9thique, de comp\u00e9tences et de courage des hommes et des femmes en charge d\u2019appliquer et de faire appliquer le droit. On peut n\u00e9anmoins ajouter que cela n\u2019emp\u00eache pas d\u2019avoir des \u00ab bons textes \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire des textes qui pourraient prendre en charge les r\u00e9alit\u00e9s sociologiques et aider \u00e0 corriger les lacunes. Car m\u00eame si presque tous les conducteurs de mototaxis de Conakry ne respectent pas les feux de signalisation, personne ne se risquera \u00e0 recommander qu\u2019on \u00e9limine pour autant ces feux ou de ne pas pr\u00e9voir des sanctions dans le code de la route.<br \/>La r\u00e8gle de droit est un discours normatif qui dit ce qui doit \u00eatre, ce qu\u2019il faut faire ou ne pas faire, et parfois comment le faire, et pr\u00e9voit la sanction positive ou n\u00e9gative des actions permises, impos\u00e9es ou prohib\u00e9es.<br \/>Comme norme, la loi ne valide pas seulement une pratique en cours, elle peut aussi vouloir corriger une norme car elle poss\u00e8de une capacit\u00e9 de coercition pour amener la conduite individuelle vers ce qui est prescrit. C\u2019est dans cette logique qu\u2019il faut inscrire la loi sur la polygamie, l\u2019excision et beaucoup d\u2019autres dispositions de normes sociales. Donc, une bonne r\u00e8gle de droit a aussi pour vocation d\u2019imposer une norme juridique pour qu\u2019elle devienne une norme sociale.<br \/>Certes, la meilleure constitution n\u2019\u00e9liminera pas les \u00ab faux d\u00e9mocrates \u00bb, mais une \u00ab bonne loi d\u00e9mocratique \u00bb permettra d\u2019avoir des leviers sur lesquels compter pour lutter et prot\u00e9ger les r\u00e8gles d\u00e9mocratiques. Le meilleur exemple de texte de lois ayant chang\u00e9 radicalement les choses est le travail fait par Jerry Rawlings au Ghana avec un syst\u00e8me politique qui a permis d\u2019asseoir une alternance d\u00e9mocratique. Ma lecture du marxisme et ma compr\u00e9hension de la r\u00e9alit\u00e9 sociale me font admettre que les hommes ne sont pas \u00ab bons \u00bb ni \u00ab mauvais \u00bb de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9tique, ils sont simplement le produit de leur milieu. Si le milieu change, l\u2019environnement impose de nouvelles normes, les Hommes s\u2019ajustent et s\u2019adaptent.<br \/>Le d\u00e9fi de la Guin\u00e9e est, dans cette transition, d\u2019avoir \u00ab des textes adapt\u00e9s \u00e0 nos r\u00e9alit\u00e9s \u00bb. C\u2019est-\u00e0-dire des textes qui corrigent les effets des diff\u00e9rentes constitutions sur la soci\u00e9t\u00e9 guin\u00e9enne. Car certaines des d\u00e9rives actuelles dans la vie politique ne proviennent pas seulement du \u00ab mauvais Guin\u00e9en \u00bb non courageux, mais des textes comme je vais le montrer dans l\u2019analyse sociologique des constitutions de 1958 \u00e0 2020.<\/p>\n<p><strong>I. LES EFFETS DE CERTAINES DISPOSITIONS DES CONSTITUTIONS DE 1958 A 2020<\/strong><br \/>La Guin\u00e9e, depuis sa premi\u00e8re constitution de 1958, s\u2019est inscrite dans un r\u00e9gime avec une forte primaut\u00e9 du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique sur les autres pouvoirs et institutions de la R\u00e9publique.<br \/>C\u2019est la premi\u00e8re constitution du 10 novembre 1958 qui a conf\u00e9r\u00e9 au pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, en son article 25, l\u2019autorit\u00e9 de nommer \u00ab [\u2026] \u00e0 tous les emplois de l\u2019administration publique. Il nomme \u00e0 tous les emplois et fonctions militaires \u00bb. Cette disposition est rest\u00e9e intangible dans toutes les constitutions m\u00eame si en 2010, un effort non abouti a \u00e9t\u00e9 tent\u00e9 pour donner un peu de pouvoir au premier des ministres avec deux articles contradictoires dont l\u2019article 46 qui dit que le pr\u00e9sident : \u00ab nomme en conseil des Ministres aux emplois civils dont la liste est fix\u00e9e par une loi organique \u00bb et l\u2019article 58 qui dispose que : \u00ab Le Premier Ministre dispose de l\u2019administration et nomme \u00e0 tous les emplois civils, except\u00e9 ceux r\u00e9serv\u00e9s au chef de l\u2019\u00c9tat \u00bb.<br \/>Il \u00e9tait pr\u00e9vu que l\u2019Assembl\u00e9e Nationale, qui sortirait des urnes \u00e0 la fin de la transition, devrait se charger de l\u2019\u00e9laboration et de l\u2019adoption de cette loi organique. Pendant les 11 ans, cette loi organique n\u2019a jamais vu le jour et les nominations n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 faites en Conseil des Ministres.<br \/>C\u2019est la constitution de 1982 qui met au-dessus de l\u2019\u00e9difice institutionnel le parti unique, le Parti D\u00e9mocratique de Guin\u00e9e (PDG) sur l\u2019\u00c9tat et les institutions de la R\u00e9publique avec la formule suivante :<br \/>a) Que la Nation Guin\u00e9enne est n\u00e9e de l\u2019\u00c9tat ;<br \/>b) Qu\u2019elle est engendr\u00e9e par l\u2019action des masses populaires mobilis\u00e9es au sein du Parti D\u00e9mocratique de Guin\u00e9e ;<br \/>c) Que c\u2019est le Parti qui a fond\u00e9 l\u2019\u00c9tat et que cet \u00c9tat ne peut donc que s\u2019identifier au Parti qui l\u2019organise, le dirige et le contr\u00f4le, en assumant r\u00e9ellement toutes les fonctions en tant que Parti-\u00c9tat et en \u0153uvrant \u00e0 la r\u00e9alisation du Peuple-\u00c9tat.<br \/>Les constitutions de 1990 et les suivantes (2010 et 2020) ont aussi gard\u00e9 les dispositions de l\u2019article 25 de 1958 qui garantit la pr\u00e9pond\u00e9rance du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique dans l\u2019agencement des pouvoirs, mais celle de 90 dans son article 3 (dans sa premi\u00e8re version et dans sa version r\u00e9vis\u00e9e de 2001) et celle de 2010 ont renforc\u00e9 de leur c\u00f4t\u00e9 la puissance des partis politiques en r\u00e9servant aux seuls partis politiques, le droit de pr\u00e9senter \u00ab les candidats aux \u00e9lections nationales \u00bb, avec un syst\u00e8me \u00e9lectoral qui fait \u00e9lire les deux tiers des d\u00e9put\u00e9s (76 sur les 114 d\u00e9put\u00e9s) \u00e0 la proportionnelle et seulement 38 \u00e0 l\u2019uninominal.<br \/>Les cons\u00e9quences de l\u2019article 25 et de la supr\u00e9matie du parti unique ont fait du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique un homme qui r\u00e8gne comme un monarque et qui gouverne seul et parfois avec des hommes de l\u2019ombre qui deviennent plus puissants que ceux en position institutionnelle. Cette pr\u00e9pond\u00e9rance absolue du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique a contribu\u00e9 \u00e0 affaiblir pratiquement toutes les autres institutions ou \u00e0 les inf\u00e9oder \u00e0 une personne oubliant les remarques de Montesquieu qui disait que : \u00ab C\u2019est une exp\u00e9rience \u00e9ternelle que tout homme qui a du pouvoir est port\u00e9 \u00e0 en abuser [\u2026] Pour qu\u2019on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arr\u00eate le pouvoir \u00bb.<br \/>Le droit accord\u00e9 aux seuls partis politiques dans la d\u00e9signation des candidats aux \u00e9lections nationales (l\u00e9gislatives et pr\u00e9sidentielles) dans la constitution de 90 et le syst\u00e8me \u00e9lectoral qui fait que les deux tiers des d\u00e9put\u00e9s sont \u00e9lus sous la banni\u00e8re des partis politiques sur une liste nationale expliquent la toute-puissance des leaders des partis politiques et la subordination des \u00e9lites administratives, commerciales et coutumi\u00e8res aux leaders politiques. Car ce sont les leaders des partis politiques qui d\u00e9terminent les chances des uns et des autres \u00e0 devenir d\u00e9put\u00e9 par leur positionnement sur la liste \u00e0 la proportionnelle.<br \/>\u00c9lu sous la banni\u00e8re d\u2019une liste nationale d\u2019un parti politique, sans aucun contact avec le peuple et avec la b\u00e9n\u00e9diction des premiers responsables des partis politiques, les d\u00e9put\u00e9s de la liste nationale n\u2019ont aucune redevabilit\u00e9 envers la population, parce que n\u2019\u00e9tant pas \u00e9lus directement par elle. C\u2019est cette disposition qui explique la prolif\u00e9ration des partis politiques (186 semble-t-il). N\u2019ayant pas d\u2019ancrage local, ceux qui veulent devenir d\u00e9put\u00e9 et qui ne peuvent l\u2019obtenir \u00e0 partir d\u2019un parti \u00e9tabli sont donc dans l\u2019obligation de cr\u00e9er un parti et se pr\u00e9senter sur la liste nationale dans l\u2019espoir de b\u00e9n\u00e9ficier du plus fort reste.<br \/>Ce n\u2019est pas le laxisme des fonctionnaires du minist\u00e8re de l\u2019administration du territoire dans la cr\u00e9ation et le contr\u00f4le de la fonctionnalit\u00e9 des partis politiques qui explique la prolif\u00e9ration des partis politiques. Ce sont les dispositions des constitutions guin\u00e9ennes qui expliquent la prolif\u00e9ration des partis politiques et la tribalisation du jeu politique.<br \/>Pour corriger ces cr\u00e9ations exponentielles des partis politiques, des solutions existent \u00e0 travers les r\u00e8gles des syst\u00e8mes \u00e9lectoraux comme le font les pays anglophones et en particulier ce que Jerry Rawlings a fait pour le Ghana . C\u2019est donc en corrigeant ces dispositions institutionnelles dans la future constitution qu\u2019il sera possible de solutionner certains dysfonctionnements actuels. C\u2019est ce dispositif qui est expos\u00e9 ci-dessous.<\/p>\n<p><strong>II. COMMENT RATIONNALISER LE NOMBRE DE PARTIS POLITIQUES DANS UN PAYS ?<\/strong><br \/>Cette question sur le nombre de partis politiques en Guin\u00e9e est dans le d\u00e9bat depuis 1990 avec la proposition du Pr\u00e9sident Lansana Cont\u00e9 de l\u00e9galiser 2 partis politiques. Ce d\u00e9bat est redevenu actuel, polluant m\u00eame la r\u00e9flexion, apr\u00e8s le retour de mission du Conseil National de la Transition (CNT) de l\u2019int\u00e9rieur du pays avec la demande de la population de r\u00e9duire le nombre de partis politiques.<br \/>Le 5 septembre 2021, suite au changement de r\u00e9gime, avec la dissolution du gouvernement et de l\u2019assembl\u00e9e nationale, il aurait \u00e9t\u00e9 plus compr\u00e9hensible d\u2019accompagner ces mesures par la dissolution des partis politiques, des syndicats et des organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile au nom de la \u00ab refondation \u00bb.<br \/>En ne le faisant pas \u00e0 ce moment, il est devenu probl\u00e9matique de proposer dans la nouvelle constitution un syst\u00e8me direct de r\u00e9duction des partis politiques \u00e0 2 ou \u00e0 3. En 2023, plus de 15 mois apr\u00e8s le changement de r\u00e9gime, toute tentative dans ce sens risque de ne pas b\u00e9n\u00e9ficier de consensus et pourrait soulever des revendications. D\u2019autant que les plus farouches partisans de cette dissolution des partis politiques sont des leaders politiques qui ne p\u00e8sent presque rien sur l\u2019\u00e9chiquier politique. L\u2019un pourrait justifier l\u2019autre.<br \/>De par l\u2019exp\u00e9rience universelle, deux proc\u00e9d\u00e9s existent pour r\u00e9duire le nombre de partis politiques dans un pays. Il y a la formule directe et celle indirecte. Dans l\u2019article de Jean Laponce (1962) ; \u00ab Bipartisme de droit et bipartisme de fait \u00bb, Revue fran\u00e7aise de sciences politique, Paris, France, pp. 877-887, il est clairement mentionn\u00e9 que la restriction directe du nombre de parti politique est \u00ab d\u2019\u00e9tablir par la loi le nombre des partis politiques autoris\u00e9s \u00e0 pr\u00e9senter des candidats aux \u00e9lections ou bien encore de d\u00e9finir le nombre des partis autoris\u00e9s \u00e0 envoyer des repr\u00e9sentants au Parlement \u00bb. Cet auteur met en \u00e9vidence que \u00ab la limitation du nombre de parti n\u2019est pas en contradiction avec les r\u00e8gles du jeu d\u00e9mocratique \u00bb,<br \/>De fa\u00e7on indirecte, il est possible d\u2019y arriver aussi par des mesures l\u00e9gislatives comme de restreindre le \u00ab droit de pr\u00e9senter des candidats aux deux seuls partis ayant obtenu le plus de voix \u00e0 une \u00e9lection primaire dans le cadre national \u00bb. De m\u00eame, \u00ab la loi peut chercher \u00e0 agir directement sur le nombre des partis en interdisant la repr\u00e9sentation aux partis n\u2019ayant pas obtenu un minimum de voix \u00bb. Dans ces conditions, \u00ab plus le minimum l\u00e9gal est \u00e9lev\u00e9, plus grande est la pression sur les partis existants pour qu\u2019ils se groupent \u00bb et donc se r\u00e9duisent.<br \/>On peut aussi agir en changeant le syst\u00e8me \u00e9lectoral. On sait que le scrutin majoritaire contribue fortement \u00e0 une bipolarisation de l\u2019expression du suffrage politique. Souvent pour obtenir une application stricte du bipartisme, d\u2019autres dispositions compl\u00e9mentaires sont \u00e9dict\u00e9es sur les structures internes des partis, en imposant par exemple, comme c\u2019est le cas aux Etats-Unis dans la majorit\u00e9 des \u00c9tats, l\u2019\u00e9lection des dirigeants du parti par l\u2019ensemble non pas des membres du corps \u00e9lectoral mais seulement des \u00e9lecteurs du parti.<br \/>Le Ghana est, en Afrique, l\u2019exemple typique d\u2019un syst\u00e8me indirect. Bien qu\u2019ayant seize partis officiellement enregistr\u00e9s, c\u2019est deux partis politiques (National Democratic Congress, \u00ab NDC \u00bb et le National People\u2019s Party \u00ab NPP \u00bb) qui s\u2019alternent au pouvoir.<br \/>Le syst\u00e8me \u00e9lectoral dans ce pays est fait de sorte qu\u2019il appara\u00eet difficile aux autres partis de remporter une \u00e9lection. Au Ghana, les 230 membres du parlement du Ghana repr\u00e9sentent les 230 circonscriptions du pays. Comme pour l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, ils sont \u00e9lus au suffrage majoritaire uninominal. C\u2019est ce mod\u00e8le qui donne le r\u00e9sultat de cette alternance d\u00e9mocratique tant vant\u00e9e par les Guin\u00e9ens.<br \/>Avec ce syst\u00e8me indirect, le Ghana confirme la th\u00e9orie de Maurice Duverger qui d\u00e9montre que le syst\u00e8me \u00e9lectoral majoritaire \u00e0 un tour est de nature \u00e0 favoriser l\u2019\u00e9mergence d\u2019un syst\u00e8me bipartite. Donc la mesure la plus simple et la moins sujette \u00e0 discussions pour r\u00e9duire le nombre de partis politiques est la mise en place d\u2019un syst\u00e8me indirect au travers de l\u2019utilisation du syst\u00e8me \u00e9lectoral majoritaire \u00e0 un tour.<br \/>Pour mettre en place ce dispositif, on devrait supprimer l\u2019\u00e9lection \u00e0 la proportionnelle sur la liste nationale pour n\u2019avoir que des d\u00e9put\u00e9s \u00e9lus dans une circonscription \u00e9lectorale et proc\u00e9der au d\u00e9coupage du territoire national en circonscription \u00e9lectorale en tenant compte de certaines contraintes :<br \/>1) Les pr\u00e9fectures qui ne remplissent pas le nombre d\u2019\u00e9lecteurs requis pour atteindre le quorum doivent n\u00e9anmoins se faire repr\u00e9senter \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e par un d\u00e9put\u00e9 \u00e9lu \u00e0 l\u2019uninominal ;<br \/>2) Dans les pr\u00e9fectures du pays qui d\u00e9passent ce quorum et ne font pas le double ou le triple ou quadruple, on proc\u00e8de toujours \u00e0 l\u2019arrondissement par le haut pour d\u00e9terminer le nombre de d\u00e9put\u00e9s qui sont tous \u00e9lus \u00e0 l\u2019uninominal ;<br \/>3) Les Guin\u00e9ens de l\u2019\u00e9tranger devront \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9s par des d\u00e9put\u00e9s \u00e9lus dans des circonscriptions \u00e9lectorales. Ces circonscriptions peuvent regrouper plusieurs pays mis ensemble si le nombre d\u2019\u00e9lecteurs n\u2019atteint pas le quorum ou d\u2019un seul pays si le nombre d\u2019\u00e9lecteurs est conforme au quorum fix\u00e9.<br \/>D\u2019ailleurs, personne ne devrait se soucier du nombre et de la gouvernance interne des partis politiques si l\u2019article 3 dispara\u00eet. Sans cette disposition, chaque Guin\u00e9en qui remplit les conditions d\u2019\u00e9ligibilit\u00e9 devrait avoir la latitude de se pr\u00e9senter \u00e0 toutes les \u00e9lections nationales et locales. D\u00e8s que cette disposition sera adopt\u00e9e, les partis politiques vont se vider de ceux qui y sont pour devenir d\u00e9put\u00e9 ou maire et se rempliront plus tard sur la base de la proximit\u00e9 id\u00e9ologique.<br \/>La question de la tribalisation du d\u00e9bat politique en Guin\u00e9e vient aussi du syst\u00e8me politique avec un pr\u00e9sident \u00e9lu seul \u00e0 la t\u00eate d\u2019un parti politique au suffrage universel \u00e0 deux tours s\u2019il n\u2019a pas la majorit\u00e9 absolue au premier tour. C\u2019est pour cette raison que je vais me permettre de dire quelques mots sur la question ethnique pour la d\u00e9construire, car l\u2019existence des ethnies ne signifie pas que les Guin\u00e9ens sont des \u00ab ethnos \u00bb.<\/p>\n<p><strong>III. LA QUESTION ETHNIQUE EN GUIN\u00c9E<\/strong><br \/>Les ethnies existent en Guin\u00e9e et existeront pour toujours. Certains groupes ethniques actuels, ou qui se consid\u00e8rent comme tels, n\u2019existaient pas il y a de cela quelques si\u00e8cles auparavant. D\u2019autres groupes ethniques se sont d\u00e9tach\u00e9s par la migration et se sont diff\u00e9renci\u00e9s dans le temps avec des groupes qui les englobaient hier. D\u2019autres enfin qui existaient jadis ont \u00e9t\u00e9 absorb\u00e9s au cours des si\u00e8cles \u00e0 travers les migrations, les cohabitations, les brassages et les assimilations.<br \/>Parmi ceux qui existent, certains vont dispara\u00eetre, d\u2019autres vont s\u2019agrandir, d\u2019autres enfin garderont l\u2019\u00e9tiquette et perdront certains de leurs attributs. Bref, les ethnies sont comme un corps : elles naissent, se d\u00e9veloppent, meurt et renaissent pour certaines et disparaissent pour toujours pour d\u2019autres.<br \/>Tous les sp\u00e9cialistes de l\u2019installation des populations que le colon a d\u00e9sign\u00e9 par \u00ab Guin\u00e9e \u00bb, s\u2019accordent \u00e0 reconnaitre que les populations de la Guin\u00e9e sont originaires du Sahel, \u00e0 l\u2019exception notable des Mandeyi et des Lomas, et que ces populations sont arriv\u00e9es sur le territoire guin\u00e9en par vagues successives au cours des si\u00e8cles. Certains des membres de ces groupes ne sont m\u00eame pas venus ensemble comme les Bagas, les Nalous et les Peuls.<br \/>Les groupes ethniques en Guin\u00e9e (que l\u2019on d\u00e9nombre \u00e0 24) donnent l\u2019illusion \u00e0 leurs membres d\u2019avoir une origine lointaine commune, un destin identique et des valeurs meilleures que celles des autres. C\u2019est ce sentiment d\u00e9velopp\u00e9 et v\u00e9hicul\u00e9 qui consolide l\u2019unit\u00e9 du groupe et renforce la solidarit\u00e9. Pourtant, il n\u2019est pas rare de constater dans la m\u00eame ethnie, la pratique de plusieurs religions et des variations du ph\u00e9notype et des ressemblances entre des individus appartenant \u00e0 des ethnies diff\u00e9rentes.<br \/>Chaque groupe fait croire, par la socialisation de ses membres, que sa culture, la mani\u00e8re d\u2019\u00eatre et de vivre sont les seules valeurs respectables. Dans la r\u00e9alit\u00e9, les diff\u00e9rences affich\u00e9es et parfois revendiqu\u00e9es ne sont que variations d\u2019adaptation.<br \/>Les Guin\u00e9ens ont une longue histoire commune, une histoire ant\u00e9rieure \u00e0 celle de l\u2019\u00c9tat guin\u00e9en et m\u00eame \u00e0 la colonisation. On sait avec certitude que le dess\u00e8chement du Sahara et la chute de l\u2019empire du Ghana (vers 1076) ont eu pour cons\u00e9quence une tr\u00e8s grande mobilit\u00e9 des populations africaines de l\u2019Ouest.<br \/>Cette mobilit\u00e9 s\u2019est poursuivie et s\u2019est prolong\u00e9e avec la naissance et la disparition de tous les empires et \u00c9tats de la r\u00e9gion (Mali au 13\u00e8me si\u00e8cle, Songha\u00ef au 15\u00e8me si\u00e8cle, S\u00e9gou au 17\u00e8me si\u00e8cle, Foutah Djalon et Macina au 19\u00e8me si\u00e8cle, etc.) qui se sont succ\u00e9d\u00e9 sur ce vaste espace qui va du d\u00e9sert \u00e0 la lisi\u00e8re de la for\u00eat en passant par la savane et les zones montagneuses du Foutah Djalon.<br \/>Cette histoire commune a fa\u00e7onn\u00e9 des liens (parent\u00e9 \u00e0 plaisanterie, liens matrimoniaux et autres liens de solidarit\u00e9) qui soudent la soci\u00e9t\u00e9 guin\u00e9enne et lui permet d\u2019affronter les vicissitudes du \u00ab vivre ensemble \u00bb.<br \/>Les ethnies qui habitent la Guin\u00e9e sont semblables sur l\u2019essentiel. Le mariage est le lieu privil\u00e9gi\u00e9 de procr\u00e9ation, le syst\u00e8me dominant est le patriarcat et la g\u00e9rontocratie et la solidarit\u00e9 sont valoris\u00e9es. Bref, les ethnies ont, pour l\u2019essentiel, les m\u00eames valeurs. Les diff\u00e9rences sont surtout linguistiques et organisationnelles, r\u00e9sultats des particularit\u00e9s historiques, d\u00e9mographiques et d\u2019adaptation \u00e0 l\u2019environnement de vie. M\u00eame linguistiquement, ces 24 groupes ethniques se regroupent en deux familles de langues pour parler comme les linguistes :<br \/>1) Le groupe mand\u00e9 qui regroupe le maninka, le Koniaka, le sosoxui, le dialonka, le lomagi, le kp\u00e8l\u00e8woo etc. et ;<br \/>2) Le groupe atlantique qui regroupe le tanda, le pular, le toucouleur, le kisi\u00e9i, le baga, le nalou et m\u00eame d\u2019autres langues de pays voisins comme le ouolof, le s\u00e9r\u00e8re, le diola au S\u00e9n\u00e9gal et le balante en Guin\u00e9e-Bissau.<br \/>Les Guin\u00e9ens n\u2019ont aucun probl\u00e8me \u00e0 vivre ensemble, au sein du m\u00eame quartier, dans la m\u00eame cour, se marier entre eux, sans aucune consid\u00e9ration autre que les sentiments des pr\u00e9tendants et le revenu de l\u2019un ou de l\u2019autre. Certes, les hommes de certaines communaut\u00e9s ont plus de difficult\u00e9 que d\u2019autres \u00e0 contracter des liens matrimoniaux dans toutes les communaut\u00e9s et surtout dans toutes les familles.<br \/>Dans la vie de tous les jours, la diff\u00e9rence ethnique est moins importante que celle en lien avec les classes sociales (pauvres et riches) et aux stratifications sociales (castes et autres cat\u00e9gories stigmatis\u00e9es).<br \/>Ce n\u2019est pas pour rien qu\u2019en d\u00e9pit des tensions orchestr\u00e9es par certains acteurs politiques au moment des seconds tours des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles, la Guin\u00e9e n\u2019a jamais bascul\u00e9 dans la guerre civile, ni dans la tentation de la s\u00e9cession r\u00e9gionaliste. C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019une des particularit\u00e9s de la Guin\u00e9e : pays fragile sans mouvement s\u00e9cessionniste.<br \/>Ce que tous les Guin\u00e9ens ont voulu et veulent, en d\u00e9pit de la suspicion, de la m\u00e9fiance et de l\u2019instrumentalisation ethnique, c\u2019est d\u2019\u00eatre des Guin\u00e9ens avec des droits identiques, des possibilit\u00e9s r\u00e9elles de s\u2019\u00e9panouir, de se r\u00e9aliser et de pouvoir b\u00e9n\u00e9ficier des m\u00eames droits dans le choix des dirigeants du pays, d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique, aux hautes fonctions de l\u2019administration publique et aux march\u00e9s publics sans aucune discrimination.<br \/>On peut dire, et ma sp\u00e9cialit\u00e9 et ma connaissance de la Guin\u00e9e me le permettent, le probl\u00e8me de l\u2019ethnicit\u00e9 en Guin\u00e9e porte essentiellement sur l\u2019acc\u00e8s aux ressources de l\u2019\u00c9tat, aux avantages qu\u2019ils procurent, aux privil\u00e8ges qui s\u2019y rattachent, \u00e0 savoir :<br \/>1) La pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique et les accessoires que ce r\u00e9gime pr\u00e9sidentiel offre, car il est sans contr\u00f4le ; les postes de l\u2019administration publique (le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique nomme et r\u00e9voque du plus grand au plus petit fonctionnaire) ;<br \/>2) Les march\u00e9s publics (le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique attribue, \u00e0 sa guise, richesses et pauvret\u00e9 \u00e0 qui il veut, comme Dieu) ;<br \/>3) Les services sociaux comme les \u00e9vacuations sanitaires aux frais de l\u2019\u00c9tat et les bourses d\u2019\u00e9tudes \u00e0 l\u2019\u00e9tranger log\u00e9es \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique.<br \/>On peut donc dire que l\u2019ethnicit\u00e9 au niveau des \u00e9lites administratives, politiques et commerciales est une strat\u00e9gie individuelle qui permet d\u2019acc\u00e9der aux ressources de l\u2019\u00c9tat. C\u2019est une strat\u00e9gie identique qui a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e par certains jeunes apr\u00e8s le 5 septembre pour \u00e9liminer toute concurrence en obtenant du nouveau chef de l\u2019\u00c9tat qu\u2019il dise qu\u2019il n\u2019y a pas \u00ab une \u00e9cole d\u2019exp\u00e9rience \u00bb et \u00ab pas de recyclage \u00bb. L\u2019ethnie, la jeunesse, les femmes, les handicap\u00e9s ne sont rien d\u2019autres que des variables que certains activent pour \u00e9liminer la concurrence, en vendant une cat\u00e9gorie \u00ab naturelles \u00bb en lieu et place d\u2019une comp\u00e9tence.<br \/>Cette strat\u00e9gie peut devenir collective en raison du fait que celui qui contr\u00f4le le pouvoir supr\u00eame r\u00e9compense les membres de son \u00ab groupe ethnique \u00bb pour service rendu, l\u2019appui \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 la pr\u00e9sidence.<br \/>Contrairement \u00e0 une id\u00e9e largement r\u00e9pandue, tous les partis politiques guin\u00e9ens ne sont pas \u00ab ethniques \u00bb, certains qui ont recours \u00e0 l\u2019ethnicit\u00e9 le font \u00e0 leur corps d\u00e9fendant. Rares sont aussi les partis politiques qui ne jouent pas de la corde ethnique \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre, en des circonstances particuli\u00e8res et en pr\u00e9sence de certains enjeux.<br \/>Si les partis se servent du fait ethnique ou sont facilement identifiables \u00e0 des groupes ethniques, c\u2019est parce qu\u2019en d\u00e9pit de l\u2019existence de la r\u00e9alit\u00e9 ethnique, les r\u00e8gles juridiques de la Guin\u00e9e soumettent les candidats \u00e0 la pr\u00e9sidence, surtout au second tour, \u00e0 l\u2019instrumentalisation de l\u2019ethnie pour gagner l\u2019\u00e9lection.<br \/>Depuis notre ind\u00e9pendance, nous mimons d\u2019autres pays comme si nous avions une m\u00eame histoire, un m\u00eame processus de construction \u00e9tatique et les m\u00eames populations avec la m\u00eame sociologie.<br \/>Le fait de demander que la nouvelle constitution tienne compte de la dimension sociologique ne signifie pas que les Guin\u00e9ens doivent avoir une \u00ab constitution ethnique \u00bb comme au Liban ou le Burundi avec un partage ethnique du pouvoir. Cela ne veut pas dire que tous les Guin\u00e9ens sont des \u00ab ethnos \u00bb, ni plus, ni moins que d\u2019autres Africains dans la sous-r\u00e9gion. Il s\u2019agit simplement d\u2019avoir une constitution qui renvoie l\u2019ethnie dans la sph\u00e8re priv\u00e9e et domestique. C\u2019est ma proposition expos\u00e9e ci-dessous.<\/p>\n<p><strong>IV. QUELLE CONSTITUTION POUR LA GUIN\u00c9E<\/strong><br \/>La configuration ethnique de la Guin\u00e9e et le pass\u00e9 politique devraient amener le l\u00e9gislateur \u00ab pouvoir constituant d\u00e9riv\u00e9 \u00bb \u00e0 proposer une constitution qui brouille le rep\u00e9rage ethnique en choisissant un r\u00e9gime politique de type pr\u00e9sidentiel avec un ticket (pr\u00e9sident et vice-pr\u00e9sident), sans un premier Ministre, comme dans le mod\u00e8le des Etats-Unis ou du Nig\u00e9ria.<br \/>Ce mod\u00e8le est celui du Nig\u00e9ria apr\u00e8s la guerre de s\u00e9cession, du Kenya apr\u00e8s les violences ethniques post-\u00e9lectorales, de l\u2019Afghanistan apr\u00e8s la longue guerre civile, de la Sierra Leone et de la C\u00f4te d\u2019Ivoire apr\u00e8s les sanglantes guerres civiles dans ces deux pays.<br \/>Les critiques \u00ab juridiques \u00bb peuvent faire valoir que le vice-pr\u00e9sident dans le mod\u00e8le am\u00e9ricain est un pr\u00e9sident en r\u00e9serve \u00ab un corps sans vie \u00bb jusqu\u2019\u00e0 l\u2019emp\u00eachement de \u00ab l\u2019autre \u00bb, le pr\u00e9sident en exercice \u00e0 la suite duquel il ach\u00e8ve le mandat.<br \/>Dans la sociologie \u00e9lectorale de la Guin\u00e9e, l\u2019objectif n\u2019est pas d\u2019avoir un pr\u00e9sident \u00ab bis \u00bb, mais plut\u00f4t d\u2019avoir quelqu\u2019un avec lequel on fait la campagne \u00e9lectorale pour \u00e9viter la \u00ab tribalisation \u00bb du d\u00e9bat \u00e9lectoral. Celui qui va aider son colistier \u00e0 ne pas nommer seulement les membres de sa communaut\u00e9, \u00e0 ne pas tribaliser l\u2019administration.<br \/>Dans une configuration institutionnelle pareille (pr\u00e9sident et vice-pr\u00e9sident), il serait suicidaire politiquement pour chaque candidat de choisir son colistier au sein de sa communaut\u00e9. Quel que soit le nombre de candidats, on aura une configuration des tickets avec des combinaisons \u00ab math\u00e9matiques \u00bb de la Guin\u00e9e dans sa diversit\u00e9 la plus large.<br \/>Dans ces conditions, il sera impossible de coller des \u00e9tiquettes ethniques aux candidats en comp\u00e9tition. Et en m\u00eame temps, on r\u00e9duit la capacit\u00e9 des manipulateurs de la \u00ab chose ethnique \u00bb, \u00e0 trouver la faille \u00e0 partir de laquelle ils pourraient l\u2019instrumentaliser. En fait, ce type de r\u00e9gime aurait pour m\u00e9rite de brouiller les logiques ethniques qui se rattachent \u00e0 la candidature singuli\u00e8re d\u2019un homme qui demande le suffrage du peuple.<br \/>Dans ce type de r\u00e9gime politique propos\u00e9 et, pour permettre \u00e0 l\u2019\u00e9quipe pr\u00e9sidentielle d\u2019avoir un bilan avant la fin de son mandat, il serait souhaitable d\u2019avoir un mandat de 7 ans non renouvelable .<br \/>Un mandat de 7 ans devrait permettre \u00e0 l\u2019ex\u00e9cutif de faire un \u00e9tat des lieux des diff\u00e9rents minist\u00e8res, de monter des projets et des programmes, de mobiliser les ressources et de conduire les actions jusqu\u2019au bout du mandat sans se soucier de l\u2019\u00e9lection \u00e0 venir. Si la performance de ce mandat est probante, il serait possible que ce ticket dans sa combinaison actuelle ou dans une autre formule de se repr\u00e9senter apr\u00e8s le mandat de ses successeurs afin de faire mieux lors du second mandat qui n\u2019est possible que 7 ans apr\u00e8s. Cette disposition a un double avantage \u00e0 savoir :<br \/>1) Ce mandat unique pr\u00e9dispose l\u2019\u00e9quipe pr\u00e9sidentielle \u00e9lue \u00e0 se concentrer exclusivement sur son mandat et \u00e0 la mise en \u0153uvre de son programme (\u00e9tat des lieux, \u00e9laboration des projets, mobilisation des ressources et mise en \u0153uvre, suivi et \u00e9valuation) et donner \u00e0 voir les r\u00e9sultats avant de quitter le pouvoir ;<br \/>2) Ce mandat unique emp\u00eache l\u2019utilisation des ressources publiques par l\u2019\u00e9quipe sortante dans le cadre d\u2019une nouvelle campagne \u00e9lectorale.<br \/>Si les Guin\u00e9ens souhaitent deux mandats, il est pr\u00e9f\u00e9rable d\u2019avoir deux mandats de 7 ans que deux mandats de 5 ans. Car dans un mandat de 5 ans, compte tenu du temps n\u00e9cessaire pour des ministres de comprendre les rouages de l\u2019administration publique, de faire un \u00e9tat des lieux objectif, de proposer une vision, de mobiliser des ressources , un gouvernement perd au minimum 18 mois avant de commencer de mettre en \u0153uvre son programme. D\u00e8s la 4\u00e8me ann\u00e9e, le pr\u00e9sident et son \u00e9quipe retournent en campagne pour une ann\u00e9e. S\u2019il est reconduit, le processus recommence. De sorte que sur 10 ans, un pr\u00e9sident ne peut travailler r\u00e9ellement que 5 ans. Par contre, dans un mandat de 7 ans renouvelable, le pr\u00e9sident peut avoir 12 ans pour mettre en \u0153uvre ses projets et programmes.<br \/>Une \u00e9lection pr\u00e9sidentielle et l\u00e9gislative chaque 7 ans aurait l\u2019avantage d\u2019utiliser le budget national et l\u2019appui budg\u00e9taire des partenaires techniques et financiers \u00e0 autre chose qu\u2019\u00e0 financer des \u00e9lections. Selon le r\u00e9dacteur en chef du Lynx, les \u00e9lections l\u00e9gislatives et pr\u00e9sidentielles entre 2015 et 2020 ont \u00ab englouti pas moins de 1 695 milliards de francs guin\u00e9ens soit pr\u00e8s de 139 millions d\u2019Euros. Un budget qui vaut plus du tiers du montant pour la r\u00e9alisation de la route Mamou-Dabola qui est en chantier. Car le co\u00fbt de ce projet est de 357 millions 302 942 mille Euros pour 370 Km \u00bb.<br \/>Dans ce r\u00e9gime, il serait souhaitable de canaliser l\u2019\u00e9quipe pr\u00e9sidentielle dans l\u2019exercice de son mandat, car \u00ab tout homme qui a du pouvoir est tent\u00e9 d\u2019en abuser. Seul le pouvoir arr\u00eate le pouvoir \u00bb, en indiquant dans la constitution le nombre maximum des membres du gouvernement, de conseillers \u00e0 la pr\u00e9sidence et en limitant les postes \u00e0 nomination qui rel\u00e8vent de l\u2019autorit\u00e9 du pr\u00e9sident (les ministres, les ambassadeurs et les chefs militaires).<br \/>Les ministres et les ambassadeurs propos\u00e9s par le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique devraient se soumettre \u00e0 l\u2019obligation d\u2019audition devant les d\u00e9put\u00e9s pour d\u00e9cliner leur feuille de route et permettre aux d\u00e9put\u00e9s de produire une fiche \u00e9valuative \u00e0 l\u2019attention du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique sur leur capacit\u00e9 \u00e0 pr\u00e9senter et \u00e0 d\u00e9fendre leurs dossiers et leur vision du secteur avant la signature de leur d\u00e9cret. Le pr\u00e9sident n\u2019est pas oblig\u00e9 de modifier sa d\u00e9cision de nomination, mais il a une \u00e9valuation objective sur le personnel le plus \u00e9lev\u00e9 de sa gouvernance.<br \/>Les ministres devraient b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019autorit\u00e9 n\u00e9cessaire pour d\u00e9signer les membres de leur cabinet (chef de cabinet, conseillers et attach\u00e9 de cabinet) et les directeurs nationaux y compris ceux du pool financier, des ressources humaines et de la passation des march\u00e9s . De m\u00eame, chaque directeur devrait avoir l\u2019autorit\u00e9 de proposer les chefs de division de sa direction et les chefs de section devraient \u00eatre propos\u00e9s par chaque chef de division.<br \/>Ce r\u00e9gime pr\u00e9sidentiel doit l\u2019\u00eatre dans toute sa pl\u00e9nitude avec une s\u00e9paration nette et \u00e9tanche entre l\u2019ex\u00e9cutif, le l\u00e9gislatif et le judiciaire. Il faut trouver les m\u00e9canismes et des modalit\u00e9s visant \u00e0 garantir l\u2019ind\u00e9pendance et l\u2019int\u00e9grit\u00e9 du judiciaire en r\u00e9duisant de fa\u00e7on drastique l\u2019instrumentalisation des cours et des tribunaux par l\u2019ex\u00e9cutif.<br \/>Il existe aussi dans l\u2019air du temps l\u2019id\u00e9e d\u2019avoir deux chambres (Haute et Basse), personnellement, je sugg\u00e8re une v\u00e9ritable d\u00e9centralisation comme le dit si bien B\u00e9r\u00e9t\u00e9 dans sa th\u00e8se de doctorat en proposant que \u00ab Ces r\u00e9formes devraient consacrer la s\u00e9paration r\u00e9elle des pouvoirs et la clarification des comp\u00e9tences entre l\u2019Etat et les structures administratives en milieu local. Elles devraient ensuite impliquer l\u2019augmentation des \u00e9chelons territoriaux, le transfert progressif des comp\u00e9tences et des ressources et la d\u00e9finition du r\u00f4le des nouveaux acteurs du d\u00e9veloppement \u00e0 la base : les Organisations de la Soci\u00e9t\u00e9 Civile \u00bb . Il a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 des collectivit\u00e9s de base, les communes, des comp\u00e9tences qu\u2019il aurait fallu donner \u00e0 la r\u00e9gion et \u00e0 la pr\u00e9fecture. Car elles sont mieux outill\u00e9es pour assurer ce transfert de comp\u00e9tences que les communes en l\u2019\u00e9tat actuel.<br \/>Au niveau des partis politiques qui arrivent \u00e0 avoir des d\u00e9put\u00e9s \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e nationale, il serait souhaitable de pr\u00e9voir une subvention de 5% pour les financer afin d\u2019\u00e9viter le financement du pr\u00e9sident fondateur. Naturellement, ce financement devrait avoir comme cons\u00e9quence le non financement d\u2019un parti par un leader et toute autre personne, entit\u00e9 et\/ou soci\u00e9t\u00e9 avec obligation d\u2019assurer le contr\u00f4le des d\u00e9penses des partis politiques par la Cour des Comptes, comme n\u2019importe quelle entit\u00e9 qui re\u00e7oit des finances publiques. Si les dons et legs sont accept\u00e9s, ceux-ci devraient passer par le bureau de l\u2019assembl\u00e9e nationale pour assurer leur tra\u00e7abilit\u00e9.<br \/>Dans ce cas de figure, on devrait pr\u00e9voir et codifier une proc\u00e9dure d\u00e9mocratique interne \u00e0 chaque parti politique. Un cadre organique devrait indiquer certaines modalit\u00e9s de gestion de chaque parti politique avec l\u2019obligation d\u2019avoir une carte du parti et de payer ses cotisations annuelles pour \u00eatre \u00e9lecteur et \u00e9ligible au sein du parti. Les \u00e9lections internes devraient \u00eatre r\u00e9guli\u00e8res et pr\u00e9c\u00e9der les consultations nationales. Ces \u00e9lections devraient se faire par l\u2019organisme national en charge des \u00e9lections du pays qui doit \u00eatre \u00e0 l\u2019image de celle du Ghana avec des commissaires techniques qui ont la s\u00e9curit\u00e9 de mandat : \u00ab ils sont nomm\u00e9s \u00e0 vie et ne peuvent pas \u00eatre relev\u00e9s brutalement de leur fonction par le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique \u00bb. Dans ce syst\u00e8me, aucun des \u00e9lus ne devrait pouvoir changer d\u2019\u00e9tiquette politique en quittant son parti pour rejoindre un autre parti en cours de mandat ou cr\u00e9er un groupe politique.<br \/>En termes clairs, cette transition pour r\u00e9ussir doit rompre avec la trajectoire des pr\u00e9c\u00e9dentes pour que la d\u00e9mocratie ne soit ni communautaire, ni un moyen de cr\u00e9er et d\u2019entretenir des dirigeants autoritaires, ni d\u2019aider \u00e0 avoir des politiciens de \u00ab chambre \u00bb d\u2019acc\u00e9der au pouvoir par le jeu de la transhumance et des all\u00e9geances de circonstances. De m\u00eame, on ne devrait pas refaire les erreurs de 2010 en cr\u00e9ant plusieurs organes budg\u00e9tivores pour caser le plus grand nombre de personnes.<br \/>On se doit de tirer les le\u00e7ons des d\u00e9cisions sociologiquement erron\u00e9es des deux premi\u00e8res transitions (1984 et 2009), pour \u00e9viter d\u2019\u00eatre schizophr\u00e9nique, car \u00ab\u00a0la folie, c\u2019est se comporter de la m\u00eame mani\u00e8re et s\u2019attendre \u00e0 un r\u00e9sultat diff\u00e9rent\u00a0\u00bb (Albert EINSTEIN).<\/p>\n<p><strong>CONCLUSION<\/strong><br \/>Au terme de cet expos\u00e9, il me plait de dire en quelques mots les grandes lignes de ma r\u00e9flexion sous la forme de propositions non noy\u00e9es dans des consid\u00e9rations th\u00e9oriques et acad\u00e9miques dans l\u2019espoir que quelques-unes au moins trouveront une oreille attentive aupr\u00e8s des Guin\u00e9ens.<br \/>\uf076 Consid\u00e9rant que le r\u00e9gime politique guin\u00e9en a toujours \u00e9t\u00e9 un r\u00e9gime marqu\u00e9 par une forte primaut\u00e9 du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique sur les autres pouvoirs et institutions de la R\u00e9publique avec un pouvoir de nomination \u00e0 tous les emplois militaires et civils, y compris ceux qui pourraient relever des ministres sectoriels ;<br \/>\uf076 Constatant l\u2019instrumentalisation ethnique et r\u00e9gionaliste lors du second tour des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles ;<br \/>\uf076 Soucieux de doter le pays d\u2019un syst\u00e8me politique qui corrige les erreurs du pays ;<br \/>\uf076 Proposons un r\u00e9gime politique de type pr\u00e9sidentiel avec un ticket (pr\u00e9sident et vice-pr\u00e9sident), sans un Premier Ministre, pour brouiller les logiques ethniques qui se rattachent \u00e0 la candidature singuli\u00e8re d\u2019un homme qui demande le suffrage du peuple ;<br \/>\uf076 Sugg\u00e9rons que la dur\u00e9e du mandat pr\u00e9sidentiel soit de 7 ans non renouvelable ;<br \/>\uf076 Proposons qu\u2019il soit pr\u00e9vu que le Vice-Pr\u00e9sident ach\u00e8ve le mandat du Pr\u00e9sident en cas de vacance du pouvoir ;<br \/>\uf076 Insistons pour que le nombre de ministres dans un gouvernement, de conseillers \u00e0 la pr\u00e9sidence et dans les cabinets minist\u00e9riels soit d\u00e9termin\u00e9 dans une loi organique \u00e0 adopter avant la constitution ;<br \/>\uf076 Plaidons pour que les futurs ministres soient auditionn\u00e9s par les d\u00e9put\u00e9s, avant leur nomination, afin qu\u2019il soit \u00e9tabli par les d\u00e9put\u00e9s \u00e0 l\u2019attention du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique une fiche d\u2019avis technique ;<br \/>\uf076 Demandons que le Pr\u00e9sident ne nome que les ministres, les conseillers \u00e0 la pr\u00e9sidence, les ambassadeurs et les chefs militaires ;<br \/>\uf076 Sugg\u00e9rons que les ministres b\u00e9n\u00e9ficient de l\u2019autorit\u00e9 n\u00e9cessaire pour d\u00e9signer les membres de leur cabinet (chef de cabinet, conseillers et attach\u00e9 de cabinet) et les directeurs nationaux techniques et le pool financier, les ressources humaines et la passation des march\u00e9s. De m\u00eame, chaque directeur devrait avoir l\u2019autorit\u00e9 de proposer les chefs de division de sa direction et les chefs de section devraient \u00eatre propos\u00e9s par chaque chef de division ;<br \/>\uf076 Exigeons la possibilit\u00e9 de candidatures ind\u00e9pendantes \u00e0 toutes les \u00e9lections (pr\u00e9sidentielle, l\u00e9gislative et locales) ;<br \/>\uf076 Demandons la suppression de la liste nationale \u00e0 la proportionnelle lors des \u00e9lections l\u00e9gislatives pour n\u2019avoir que des d\u00e9put\u00e9s \u00e9lus dans une circonscription \u00e9lectorale ;<br \/>\uf076 Demandons la refonte totale du code \u00e9lectoral pour l\u2019adapter au mode \u00e9lectoral majoritaire et en supprimant en particulier plusieurs dispositions qui facilitent la fraude \u00e9lectorale du bureau de vote \u00e0 l\u2019organe de gestion des \u00e9lections ;<br \/>\uf076 Proposons un Organe de gestion des \u00e9lections (OGE) technique avec des membres qui ont la s\u00e9curit\u00e9 de mandat comme au Ghana : \u00ab ils sont nomm\u00e9s \u00e0 vie et ne peuvent pas \u00eatre relev\u00e9s brutalement de leur fonction par le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique \u00bb. On peut m\u00eame y ajouter d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments de s\u00e9curit\u00e9 suppl\u00e9mentaire.<\/p>\n<p><strong>Pr. Alpha Amadou Bano BARRY (PhD, sociologie) ;<\/strong><br \/>Enseignant-chercheur\/Universit\u00e9 de Sonfonia\/Conakry\/Guin\u00e9e<br \/>barybano@hotmail.com<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00c9SUM\u00c9 :Au regard de l\u2019histoire politique guin\u00e9enne marqu\u00e9e par le m\u00eame type de r\u00e9gime politique et trois transitions, cet essai se propose de d\u00e9voiler les constantes du syst\u00e8me politique qui sont au nombre de deux : la primaut\u00e9 du pr\u00e9sident sur toutes les institutions et celle des partis politiques sur le jeu politique avec le &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[23],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/be.ambagn.staging.e-kaidi.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/32963"}],"collection":[{"href":"https:\/\/be.ambagn.staging.e-kaidi.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/be.ambagn.staging.e-kaidi.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/be.ambagn.staging.e-kaidi.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/be.ambagn.staging.e-kaidi.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=32963"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/be.ambagn.staging.e-kaidi.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/32963\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/be.ambagn.staging.e-kaidi.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=32963"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/be.ambagn.staging.e-kaidi.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=32963"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/be.ambagn.staging.e-kaidi.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=32963"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}