{"id":25716,"date":"2022-09-05T04:15:15","date_gmt":"2022-09-05T02:15:15","guid":{"rendered":"https:\/\/be.ambagn.staging.e-kaidi.net\/?p=25716"},"modified":"2022-09-05T04:15:15","modified_gmt":"2022-09-05T02:15:15","slug":"droit-de-reponse-affrontement-ketiguiya-djinkoya-un-ressortissant-de-kourou-repond-au-maire-de-dalaba","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/be.ambagn.staging.e-kaidi.net\/?p=25716","title":{"rendered":"[Droit de r\u00e9ponse] Affrontement K\u00e9tiguiya \u2013 Djinkoya : un ressortissant de Kourou r\u00e9pond au maire de Dalaba"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>Des \u00e9v\u00e8nements malheureux se sont produits r\u00e9cemment entre Djinkoya et K\u00e9tiguiya, deux hameaux fr\u00e8res de la pr\u00e9fecture de Dalaba. Ces \u00e9v\u00e8nements ont caus\u00e9 des blessures graves et des s\u00e9vices mutuelles qui ont d\u00e9fray\u00e9 la chronique nationale. <\/p>\n<p>Des <strong><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/djinconya-et-ketiguia-dalaba-le-maire-de-la-cu-revient-sur-les-causes-profondes-du-conflit-entre-les-deux-localites-interview\/\">articles de journaux<\/a><\/strong> ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s sous la forme d\u2019interviews donn\u00e9es par certains ressortissants de Dalaba dont entre autres le <strong><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/djinconya-et-ketiguia-dalaba-le-maire-de-la-cu-revient-sur-les-causes-profondes-du-conflit-entre-les-deux-localites-interview\/\">maire de la commune urbaine de Dalaba<\/a><\/strong>, originaire de la sous-pr\u00e9fecture de Mafara, et un autre revendiquant le statut de notabilit\u00e9 \u00e0 Conakry et dont l\u2019affiliation partisane ne fait l\u2019objet d\u2019aucun doute.<br \/>Dans ces <strong><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/djinconya-et-ketiguia-dalaba-le-maire-de-la-cu-revient-sur-les-causes-profondes-du-conflit-entre-les-deux-localites-interview\/\">interviews<\/a><\/strong>, leurs auteurs ont r\u00e9ussi le tour de force de sortir de leur contexte sp\u00e9cifique ces \u00e9v\u00e8nements tr\u00e8s localis\u00e9s entre deux hameaux, et d\u2019en faire un probl\u00e8me entre deux sous-pr\u00e9fectures ; notamment celle Kourou-Maninka et de Mafara. Et l\u00e0, l\u2019un des interview\u00e9s qui est originaire de Mafara bien que maire de la commune centrale de Dalaba, fait malicieusement porter le mauvais chapeau \u00e0 la sous-pr\u00e9fecture de Kourou qui n\u2019a \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9 ni de pr\u00e8s, ni de loin aux incident concern\u00e9s. Et au passage, il pr\u00e9sente l\u2019\u00e9rection de Kourou en sous-pr\u00e9fecture comme cause principale des conflits entre les deux localit\u00e9s. C\u2019\u00e9tait en fait cela que certaines personnes visaient \u00e0 travers l\u2019instrumentalisation de disputes anciennes entre ces deux villages.<br \/>C\u2019est \u00e0 la fois dans le cadre d\u2019un droit de r\u00e9ponse et d\u2019un devoir d\u2019information exhaustive que nous \u00e9crivons cet article. Il n\u2019y a aucune volont\u00e9 de pol\u00e9mique derri\u00e8re. C\u2019est juste pour situer les \u00e9v\u00e8nements dans leur vrai contexte et sortir du genre d\u2019amalgame qui pourrait d\u00e9terrer de vielles haches de guerres et faire du tort \u00e0 tous ; car personne ne gagne \u00e0 ce jeu ; ni les hameaux concern\u00e9s, ni les sous-pr\u00e9fectures concern\u00e9es, ni la pr\u00e9fecture, ni m\u00eame le pays. La diabolisation mutuelle ne m\u00e8ne nulle part. Unis ces hameaux et villages seront forts et prosp\u00e8res ; divis\u00e9s, ils seront faibles et arri\u00e9r\u00e9s. C\u2019est connu ; c\u2019est vieux comme le monde.<br \/>Cet article est donc un appel explicite \u00e0 la r\u00e9conciliation et \u00e0 la solidarit\u00e9. C\u2019est un appel \u00e0 \u00e9viter de faire d\u2019un probl\u00e8me de quelques-uns, des probl\u00e8mes de tous ; \u00e0 \u00e9viter de faire d\u2019un probl\u00e8me d\u2019un moment, un probl\u00e8me de toujours.<br \/>Voici des faits pour nourrir l\u2019analyse des lecteurs et leur \u00e9viter de tomber dans des pi\u00e8ges faciles.<\/p>\n<ol>\n<li>Les disputes qui ont culmin\u00e9 dans les \u00e9v\u00e8nements malheureux dont il est question n\u2019ont absolument rien \u00e0 voir avec l\u2019\u00e9rection de Kourou en sous-pr\u00e9fecture qu\u2019on a voulu incriminer. Ces disputes sont bien ant\u00e9rieures et de longtemps.<br \/>En effet, Le d\u00e9cret de cr\u00e9ation de la sous-pr\u00e9fecture de Kourou date de 25 Novembre 2020 et la L\/2021\/0012 \/AN portant cr\u00e9ation d\u2019une commune rurale et de Dix-neuf communes rurale a \u00e9t\u00e9 vot\u00e9e le 16 Mars 2021. Or, Les premiers incidents s\u00e9rieux entre ces deux hameaux ont eu lieu en 1996. Ces incidents ont eu lieu quand Djinkoya a voulu \u00e9riger une mosqu\u00e9e dans leur propre village pour des raisons pratiques et les gens de K\u00e9tiguiya ont oppos\u00e9 un non cat\u00e9gorique. En fait la construction de cette mosqu\u00e9e \u00e9tait m\u00eame inscrite dans le plan d\u2019action de l\u2019Association des Ressortissants de K\u00e9tiguiya qui regroupait les ressortissants de K\u00e9tiguiya, de Djinkoya et de Baady; association dont les projets phares \u00e9taient :<\/li>\n<\/ol>\n<ul>\n<li>La construction de la mosqu\u00e9e de K\u00e9tiguiya<\/li>\n<li>La construction de la mosqu\u00e9e de Djinkoya<\/li>\n<li>Et la construction du pont de Baady<br \/>En ex\u00e9cution de ce noble plan, la mosqu\u00e9e de K\u00e9tiguiya a \u00e9t\u00e9 construite et inaugur\u00e9e par l\u2019Association. C\u2019est au moment de lancement de la deuxi\u00e8me phase du plan d\u2019action concernant la construction de la mosqu\u00e9e de Djinkoya, que K\u00e9tiguiya s\u2019est oppos\u00e9 brusquement, entrainant ainsi la dislocation de l\u2019Association. Il a fallu l\u2019intervention de Kourou et celle d\u2019un descendant de l\u2019ancienne famille royale de Mamou, pour que K\u00e9tiguiya accepte que la mosqu\u00e9e soit \u00e9difi\u00e9e. Ceci a \u00e9t\u00e9 possible en vertu d\u2019une r\u00e8gle non \u00e9crite r\u00e9gissant les relations entre Missid\u00e9s [\u00ab villages-mosqu\u00e9es\u00bb] ; r\u00e8gle dont les racines remontent \u00e0 une tradition \u00e9tablie depuis la victoire de Talansan en 1724\/1725. Par contre le pont de Baady n\u2019a plus pu \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 en raison de cette m\u00e9sentente, jusqu\u2019aujourd\u2019hui.<br \/>Il faut donc dissocier ces incidents d\u2019avec ce d\u00e9cret de cr\u00e9ation de la sous-pr\u00e9fecture de Kourou. Ils n\u2019ont rien \u00e0 voir avec ce d\u00e9cret.<\/li>\n<\/ul>\n<ol>\n<li>Le d\u00e9cret qui a \u00e9rig\u00e9 Kourou en sous-pr\u00e9fecture ne concernait pas que Kourou. Des d\u00e9crets identiques ont cr\u00e9\u00e9 dans la foul\u00e9e 18 sous-pr\u00e9fectures, selon les m\u00eames processus et proc\u00e9dures et en application des m\u00eames lois. \u00c0 ma connaissance, il n\u2019y a pas eu de bagarres entre villages ou entre sous-pr\u00e9fectures dans les autres cas. S\u2019il y en a eu entre Djinkoya et K\u00e9tiguiya, ce n\u2019est donc pas n\u00e9cessairement ce d\u00e9cret qui est en cause. Ce sont d\u2019autres facteurs qu\u2019il importe d\u2019identifier et d\u2019analyser. Nous pouvons y contribuer, parce que nous les connaissons \u00e0 fond. On se rendra compte alors que ces facteurs sous-jacents sont plus anciens et plus profonds historiquement et sociologiquement que ce probl\u00e8me de la sous-pr\u00e9fecture de Kourou. Aussi, avant ce d\u00e9cret il y en a eu d\u2019autres ; apr\u00e8s ce d\u00e9cret, il y en aura d\u2019autres. L\u2019\u00c9tat, \u00e0 travers le Minist\u00e8re de l\u2018Administration du territoire en d\u00e9cide en dernier ressort selon des crit\u00e8res qui ne se limitent pas aux desiderata des hameaux concern\u00e9s, m\u00eame s\u2019il peut tenir dument compte de ces desiderata quand c\u2019est possible.<\/li>\n<li>Le Probl\u00e8me de Sous-pr\u00e9fecture, n\u2019oppose pas Kourou (Malink\u00e9) \u00e0 K\u00e9tiguiya (Peuhl) en tant que tel, comme certains voudraient le pr\u00e9senter insidieusement, mais sans en avoir l\u2019air. Non. Il ne faut donc pas y voir un probl\u00e8me \u00e0 proprement parler ethnique. Le probl\u00e8me de sous-pr\u00e9fecture avait oppos\u00e9 dans le temps un village malink\u00e9 (Kourou) \u00e0 un autre village malink\u00e9 (Mafara). Et le d\u00e9saccord n\u2019\u00e9tait pas par rapport \u00e0 la cr\u00e9ation de la sous-pr\u00e9fecture en tant que telle ; cela \u00e9tait accept\u00e9 dans son principe et dans ses contours par le pouvoir central. La dispute \u00e9tait \u00e0 propos du chef-lieu de ladite sous-pr\u00e9fecture, puisque c\u2019est le district central qui donnait son nom \u00e0 la sous-pr\u00e9fecture. Chacun de ces deux villages revendiquaient le fait d\u2019\u00eatre le mieux plac\u00e9 pour \u00eatre le chef-lieu, en tenant compte de facteurs historiques et socio-\u00e9conomiques qui rentraient normalement en ligne de compte dans ce genre de d\u00e9cision, selon la loi m\u00eame qui r\u00e9git la d\u00e9centralisation. Mafara avait ses raisons qu\u2019il ne nous appartient pas de lister ; Kourou avait ses raisons et estimait avoir de meilleurs atouts.<br \/>a. Kourou revendiquait un nombre de population plus \u00e9lev\u00e9 .<br \/>b. Kourou revendiquait l\u2019existence d\u2019une \u00e9cole que fr\u00e9quentaient m\u00eame des enfants de Mafara et alentour parce qu\u2019il n\u2019existait pas d\u2019\u00e9cole \u00e0 Mafara en ce temps-l\u00e0.<br \/>c. Kourou revendiquait la pr\u00e9sence d\u2019un march\u00e9 tr\u00e8s ancien qui couvrait toute la zone de la sous-pr\u00e9fecture en cr\u00e9ation ; laquelle marche \u00e9tait le seul \u00e0 se tenir deux fois par semaine alors que tous les autres march\u00e9s des sous-pr\u00e9fectures environnantes se tenaient une seule fois par semaine. Mafara Village n\u2019avait pas de march\u00e9 en ce moment ; ils allaient plut\u00f4t dans un autre village ; Dond\u00e9 dont est originaire Mr le maire de Dalaba, auteur de l\u2019une des interviews.<br \/>d. Kourou revendiquait d\u2019\u00eatre au carrefour de deux axes routiers d\u2019envergure potentiellement nationale qui justifiaient d\u2019ailleurs l\u2019importance de son march\u00e9 qui est fr\u00e9quent\u00e9 m\u00eame par des commer\u00e7ant venant d\u2019autres pr\u00e9fectures comme Pita. Ce n\u2019\u00e9tait pas le cas pour Mafara, en tous cas en ce moment.<br \/>e. Kourou revendiquait d\u2019\u00eatre un village historique en raison de sa date de fondation (d\u00e9but 16 si\u00e8cle) et en raison de son r\u00f4le d\u00e9terminant dans les \u00e9v\u00e8nements fondateurs du Foutah dit th\u00e9ocratique ; toutes choses qui lui valent la reconnaissance et le respect de la R\u00e9gion. Ce qui n\u2019\u00e9tait pas le cas pour Mafara qui est un village relativement r\u00e9cent.<br \/>f. Avec tous ces atouts, Kourou \u00e9tait tellement persuad\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait le chef-lieu tout d\u00e9sign\u00e9 de la sous-pr\u00e9fecture avait d\u00e9j\u00e0 construit par anticipation un b\u00e2timent pour abriter le bureau alors que Mafara n\u2019avait aucun b\u00e2timent \u00e0 cet effet.<\/li>\n<li>Avec tout cela, une des personnes interview\u00e9es a malicieusement accus\u00e9 Kourou d\u2019avoir tent\u00e9 de corrompre un responsable r\u00e9gional d\u2019antan pour arriver \u00e0 ses fins. Il a justifi\u00e9 par cela la d\u00e9cision des autorit\u00e9s d\u2019alors d\u2019attribuer le chef-lieu \u00e0 Mafara plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 Kourou. Rien de plus malveillant et (disons-le) malhonn\u00eate ; car avec ses atouts, ce n\u2019est pas Kourou qui avait besoin de corrompre quelqu\u2019un. Par ailleurs, c\u2019est une r\u00e9alit\u00e9 connue dans nos traditions, surtout au Foutah, qu\u2019on n\u2019allait pas voir un chef, un doyen ou en tout cas une autorit\u00e9 morale ou administrative sans les \u00ab 10 noix de cola \u00bb ou ce qui peut en tenir lieu. Parfois c\u2019est un poulet, parfois c\u2019est une ch\u00e8vre, un mouton ou m\u00eame un b\u0153uf. La m\u00eame chose se passe quand on re\u00e7oit leur visite. Cette pratique persiste m\u00eame aujourd\u2019hui. Tous les administrateurs territoriaux vous le diront. Cela date des pratiques du temps de la chefferie traditionnelle dont les gens, surtout les villageois des anciennes g\u00e9n\u00e9rations, ont toujours du mal \u00e0 se d\u00e9tacher mentalement. Interpr\u00e9ter cela comme une tentative de corruption pour diaboliser un adversaire, est une ruse qui ne devrait tromper personne. Si le responsable d\u2019alors qui a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 par l\u2019interview\u00e9 comme ayant rapport\u00e9 les faits au Chef de l\u2019\u00c9tat d\u2019alors l\u2019a fait ; alors ce responsable avait travesti les faits pour des raisons qu\u2019il ne nous appartient pas de d\u00e9cortiquer. Nous laissons cela \u00e0 celui qui a fait ces all\u00e9gations. Un fait est quand m\u00eame de notori\u00e9t\u00e9 publique dans notre zone ; c\u2019est que ce responsable r\u00e9gional qui a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 dans l\u2019interview, ainsi que le Ministre de l\u2019Administration du Territoire d\u2019alors, avaient eux aussi des liens tr\u00e8s particuliers avec des notables de Mafara ; relations dont celles-ci ont pleinement jou\u00e9 pour gagner. L\u2019un dans l\u2019autre, toutes les parties peuvent \u00eatre accus\u00e9es (\u00e0 tort ou \u00e0 raison) de corruption, de pr\u00e9varication, de collusion illicite ou de client\u00e9lisme ; c\u2019est selon. Nous, nous n\u2019entrerons pas dans ce jeu de diabolisation mutuelle. Si Kourou a finalement protest\u00e9 et refus\u00e9 d\u2019appartenir \u00e0 la Sous-pr\u00e9fecture de Mafara, c\u2019est parce qu\u2019ils ont vu dans cette d\u00e9cision une preuve de partialit\u00e9 et d\u2019injustice inacceptable qui violaient les crit\u00e8res officiels en la mati\u00e8re ; crit\u00e8res que remplissaient Kourou comme indiqu\u00e9 plus haut; et qu\u2019on demandait au village d\u2019abandonner pour aller recommencer \u00e0 Z\u00e9ro \u00e0 Mafara. De toutes les fa\u00e7ons, ce sont l\u00e0 des faits qui datent de 1976 ; cela fait d\u00e9j\u00e0 46 ans. Tous les protagonistes directs sont aujourd\u2019hui d\u00e9c\u00e9d\u00e9s. Laissons-les donc reposer dans leurs tombe; d\u2019autant plus qu\u2019\u00e0 part ces petites rivalit\u00e9s circonstancielles tout \u00e0 fait habituelles, les notabilit\u00e9s concern\u00e9es de Mafara et Kourou ont \u00e9t\u00e9 en fait des amis, des fr\u00e8res et des partenaires conjugaux se vouant beaucoup de respect mutuel \u00e0 tous autres \u00e9gards. Il n\u2019arriverait \u00e0 aucun fils de Kourou l\u2019id\u00e9e de manquer de respect \u00e0 un notable de Mafara et vice versa. Ce sont nos p\u00e8res et m\u00e8res en fait. Que personne n\u2019essaient de sous dresser les uns contre les autres. \u00c7a c\u2019est termin\u00e9.<\/li>\n<li>Les red\u00e9coupages administratifs n\u2019ont pas commenc\u00e9 avec ceux de Mafara et de Kourou. Ils ont toujours eu lieu et ont concern\u00e9 aussi bien le niveau pr\u00e9fectoral que le niveau r\u00e9gional. Kourou-Maninka relevait d\u2019abord de Bodi\u00e9 du temps des colonies, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tach\u00e9 de l\u00e0 et rattach\u00e9 \u00e0 Ditinn ; puis Mafara a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tach\u00e9 de Ditinn pour devenir une sous-pr\u00e9fecture ; et enfin Kourou a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tach\u00e9 et \u00e9rig\u00e9 en sous-pr\u00e9fecture finalement. Coyah faisait partie de Dubr\u00e9ka avant d\u2019\u00eatre \u00e9rig\u00e9e en Pr\u00e9fecture. Avant, il n\u2019y avait en guin\u00e9e que 4 r\u00e9gions administratives \u00e9pousant les contours des r\u00e9gions dites naturelles, il y a eu red\u00e9coupage en huit r\u00e9gions administratives. M\u00eame les communes et quartiers du grand Conakry n\u2019ont pas toujours \u00e9t\u00e9 dans le m\u00eames limites territoriales qu\u2019ils ont aujourd\u2019hui ; et les choses sont appel\u00e9es \u00e0 changer encore. Le red\u00e9coupage est une pratique constante et normale de l\u2019administration territoriale qui est command\u00e9e par l\u2019\u00e9volution d\u00e9mographique et \u00e9conomique des localit\u00e9s. Pourquoi certains font une fixation obsessionnelle sur le cas de Kourou-Maninka et essaient de toujours r\u00e9duire les choses, directement ou insidieusement, au seul canevas partisan \u00e0 connotation ethnique ?<\/li>\n<li>Le Minist\u00e8re a la pr\u00e9rogative r\u00e9galienne de d\u00e9cider des fronti\u00e8res administratives en fonction de crit\u00e8res de viabilit\u00e9 qui sont au-dessus des desiderata des hameaux concern\u00e9s. S\u2019il y a eu de petits manquements de l\u2019administration pr\u00e9c\u00e9dente, il est du devoir et de sa pr\u00e9rogative de celle d\u2019aujourd\u2019hui de les corriger ; pas de remettre en cause ce qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, en bloc. C\u2019est le principe de la continuit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat. A moins de prendre ses responsabilit\u00e9s r\u00e9galiennes dans ce sens, on finirait par remettre en cause tout le d\u00e9coupage territorial du pays ; m\u00eame en terme de pr\u00e9fectures et de r\u00e9gions.<\/li>\n<li>Il y a une confusion et un amalgame d\u2019origine ethno-partisane qui refait souvent surface sans dire son nom, et dans lequel on implique Kourou-Maninka sans discernement, parce qu\u2019il s\u2019appelle Kourou-Maninka. C\u2019est la question du Mouvement \u00ab Manden-Djallon \u00bb. Il est important de clarifier certaines r\u00e9alit\u00e9s \u00e0 ce propos.<br \/>a. Ce mouvement n\u2019est pas motiv\u00e9 fondamentalement par la politique partisane \u00e0 relent ethno-r\u00e9gionaliste qui affecte et continue d\u2019affecter notre pays, m\u00eame s\u2019il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 dans ce cr\u00e9neau, par la force des choses. Ce genre de mouvement existe en R\u00e9publique du Mali et en Mauritanie ; et pour les m\u00eames raisons historico-religieuses qui n\u2019ont rien \u00e0 voir avec les partis politiques en Guin\u00e9e. Paradoxalement dans le cas de la Mauritanie, les Peulhs font partie des victimes et des porteurs de ces revendications de droit (les noirs donc), contre les Maures.<br \/>b. Ce mouvement Manden-Djalon a pour objectif de combattre la survivance tenace d\u2019une situation de suj\u00e9tion de certaines cat\u00e9gories sociales qui enl\u00e8ve \u00e0 ces derni\u00e8res certaines pr\u00e9rogatives sociales et religieuses, et certaines pr\u00e9rogatives fonci\u00e8res sur les terres qu\u2019ils ont occup\u00e9es et mis en valeur depuis des si\u00e8cles, de p\u00e8re en fils. Certaines composantes de ces cat\u00e9gories sociales (en l\u2019occurrence les Djallonk\u00e9s) \u00e9taient en fait des habitants trouv\u00e9s sur place, mais qui avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s de leurs terres suite \u00e0 la d\u00e9faite de leurs chefs lors de guerres d\u2019occupation \u00e0 justification religieuse. Suite \u00e0 cette d\u00e9faite, ces gens n\u2019avaient eu le choix qu\u2019entre fuir les lieux et abandonner leurs terres, ou \u00eatre vendu sur la c\u00f4te dans le cadre de la traite n\u00e9gri\u00e8re, ou \u00eatre r\u00e9duit au servage domestique sur place, ou dans les meilleurs des cas, \u00e0 l\u2019assimilation pure et simple avec, implicitement, un statut de citoyen de second rang. Djinkoya se trouve \u00eatre dans ce sch\u00e9ma par rapport \u00e0 K\u00e9tiguiya. Ceci n\u2019est pas propre \u00e0 Djinkoya, ni propre au Foutah. Il y a eu ce genre de ph\u00e9nom\u00e8ne partout. Il n\u2019y a donc pas lieu de diaboliser certains et \u00e9pargner d\u2019autres. C\u2019est du pass\u00e9. Il faut l\u2019assumer. Mais il importe de bien connaitre les d\u00e9tails de cette p\u00e9riode historique, et pas seulement selon les r\u00e9cits des vainqueurs, mais aussi selon les r\u00e9cits des vaincus.<br \/>c. Kourou n\u2019est donc pas partie prenante de ce mouvement Manden-Djallon en tant que tel. Les habitants de Kourou-Maninka ne sont pas Djalonk\u00e9s ethniquement parlant. En gros, ils n\u2019ont pas fait partie de cat\u00e9gories subjugu\u00e9es. D\u2019ailleurs, Kourou faisait partie de la coalition victorieuse \u00ab Peuhls et Malink\u00e9s-Sarakoll\u00e9s \u00bb qui a men\u00e9 la guerre qui a fond\u00e9 l\u2019empire du Fouta-Djalon, presque \u00e0 parit\u00e9 (12 contre 10). Il ne peut y avoir d\u2019amalgame \u00e0 cet \u00e9gard pour enrober Kourou dans ce mouvement de revendication sociale en tant que tel. Toutefois, Kourou-Maninka, apr\u00e8s mure r\u00e9flexion sur l\u2019histoire du Foutah qui nous est commune, comprend et appuie les revendications sociales de ce mouvement en vue d\u2019un traitement r\u00e9publicain impartial et d\u00e9barrass\u00e9 de toutes les s\u00e9quelles d\u2019un pass\u00e9 r\u00e9volu ; s\u00e9quelles qui se manifestent sous des formes vari\u00e9es, souvent insidieuses et tr\u00e8s blessantes qu\u2019il n\u2019est pas opportun de d\u00e9tailler ici et maintenant.<br \/>Conclusion :<\/li>\n<li>Kourou-Maninka est un village historique du Fouta-Djalon, dont il a \u00e9t\u00e9 un des fondateurs ; il demeurera une composante du Foutah, sans suj\u00e9tion et sans ali\u00e9nation d\u2019aucune sorte. Le Fouta-Djalon est une r\u00e9gion multiculturelle, multi-ethnique et multilinguistique, \u00e0 l\u2019image des autres r\u00e9gions de la Guin\u00e9e d\u2019aujourd\u2019hui. C\u2019est une r\u00e9alit\u00e9 avec laquelle il faut compter et dans laquelle Kourou s\u2019inscrit r\u00e9solument. De par sa situation particuli\u00e8re et le r\u00f4le particulier qu\u2019il a jou\u00e9 dans l\u2019histoire de la r\u00e9gion, il a vocation \u00e0 \u00eatre un ciment pour souder ses diff\u00e9rentes composantes et constituer un trait d\u2019union avec les autres r\u00e9gions ; notamment la haute Guin\u00e9e et la basse Guin\u00e9e. Il n\u2019y a pas un seul habitant de ce village, aujourd\u2019hui, qui n\u2019ait une part de sang de toutes les composantes ethniques de notre pays dans son corps. Je crois que c\u2019est pareil pour la plupart des guin\u00e9ens. Nous appelons donc tout le monde \u00e0 en tenir r\u00e9ellement compte ; et pas seulement du bout des l\u00e8vres.<\/li>\n<li>Le Foutah appartient aujourd\u2019hui \u00e0 une r\u00e9publique unitaire. Tous ses habitants ont aujourd\u2019hui les m\u00eames droits sur le territoire de la r\u00e9gion quelles que soient leurs options politiques ou leurs appartenances partisanes. Il nous faut d\u00e9passer les vicissitudes de l\u2019histoire et accepter que la gestion des terres, terroirs et territoires administratifs ob\u00e9isse effectivement aux lois de la r\u00e9publique ; la m\u00eames pour toutes ses composantes sociologiques. Nous devons \u00e9viter, sous le pr\u00e9texte de respects des traditions, de faire pr\u00e9valoir un esprit de \u00ab dominion \u00bb, d\u2019uniformisation ali\u00e9nante et d\u2019assimilation d\u2019une part ; ou de \u00ab bantoustanisation \u00bb d\u2019autre part. Les traditions ont \u00e9t\u00e9 bonnes en leur temps ; certaines le sont encore, mais toutes ne le sont plus. Celles qui ne le sont plus doivent \u00eatre mises de c\u00f4t\u00e9 pour que pr\u00e9vale la Loi de la R\u00e9publique. Les appartenances sociologiques et ethniques sont des faits qu\u2019on ne peut gommer du jour au lendemain ; mais nous nous devons de les inscrire dans une dynamique de conjugaison des qualit\u00e9s et des forces, pas dans une rivalit\u00e9 sempiternelle et malsaine.<br \/>Nous en appelons donc \u00e0 tous, pour \u00e9viter de faire le jeu des partisans de la division ou des partisans de l\u2019ali\u00e9nation des uns aux autres au nom d\u2019h\u00e9g\u00e9monies traditionnelles h\u00e9rit\u00e9es d\u2019une histoire qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 heureuse pour tout le monde.<br \/>Nous offrons nos bons offices pour transcender ces incidents malheureux entre deux villages qui sont tous des villages fr\u00e8res \u00e0 celui de Kourou-Maninka.<br \/><strong>Fod\u00e9 Diao CISS\u00c9<\/strong><br \/>juriste, Ressortissant de la Sous -Prefecture de KOUROU<br \/>Tel: 628878709<\/li>\n<\/ol>\n<p>L\u2019article <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/droit-de-reponse-affrontement-ketiguiya-djinkoya-un-ressortissant-de-kourou-repond-au-maire-de-dalaba\/\">[Droit de r\u00e9ponse] Affrontement K\u00e9tiguiya \u2013 Djinkoya : un ressortissant de Kourou r\u00e9pond au maire de Dalaba<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/\">Mediaguinee.org<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des \u00e9v\u00e8nements malheureux se sont produits r\u00e9cemment entre Djinkoya et K\u00e9tiguiya, deux hameaux fr\u00e8res de la pr\u00e9fecture de Dalaba. Ces \u00e9v\u00e8nements ont caus\u00e9 des blessures graves et des s\u00e9vices mutuelles qui ont d\u00e9fray\u00e9 la chronique nationale. 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